L'Arche planétaire - Le blog de la refaunation

31 mai 2019

INDE - Les Tortues luths au plus haut depuis 10 ans sur les îles Petites Andaman

TortueLuth_LeatherbackPhoto Wikimedia Commons.

15 ans après le tsunami de 2004, les Tortues luths (Dermochelys coriacea) reconstruisent leurs populations sur les îles Petites Andaman, dans le golfe du Bengale, et ceci en dépit de fluctuations climatiques, des pollutions et autres perturbations.

302 nids ont été identifiés sur les plages, soit un record depuis la première année de suivi, en 2010 (contre une moyenne de 150 nids).

Le territoire des îles Andaman et Nicobar accueille une des seules grandes populations de Tortues luths en Asie du Sud (1 millier de nids au total) et la seule en Inde.

Géante du monde des tortues (elle pèse en moyenne 500 kg à l'âge adulte), la Tortue luth nidifie sur les rivages tropicaux et subtropicaux de tous les océans, mais de manière localisée. Il y a quelques années elle était classée "en danger critique d'extinction", avant d'être rétrogradée en espèce "vulnérable" depuis 2013 grâce à l'amélioration de sa situation dans l'Atlantique (Etats-Unis, Guyane, Mer des Antilles...). Il est encourageant de constater que le sort de l'espèce s'améliore aussi dans l'Océan Indien.

Source : https://www.firstpost.com/india/leatherback-turtles-in-the-andamans-highest-number-of-turtle-nests-in-a-decade-found-this-year-6602021.html

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FRANCE - L'île polynésienne de Reiono délivrée des rats

Sula_sula_nesting_in_Heliotropium_foertherianumIllustration : Fou à pieds rouges au nid. Photo Wikimedia Commons.

L'île de Reiono, en Polynésie française, a récemment bénéficié d'un programme d'éradication des rats (une des espèces les plus invasives et nocives dans les environnements insulaires, où la faune n'est pas habituée aux prédateurs).

Accidentellement arrivés avec des embarcations humaines (l'île n'a pas de population permanente), les rats avaient causé de gros dommages aux végétaux, aux crustacés (crabes terrestres) et aux nichées d'oiseaux.

Les rats ont été éradiqués avec des appâts empoisonnés, une opération qui peut sembler banale mais qui ne tolère pas de droit à l'erreur : même la survie d'une poignée de rongeurs est suffisante pour entraîner à court terme la recolonisation de l'île.

Aujourd'hui, l'île est redevenue accueillante pour les oiseaux marins tels que le Fou à pieds rouges (Sula sula), le Noddi noir (Anous minutus) et la Gygis blanche (Gygis alba).

Source : https://www.abc.net.au/news/2019-02-21/rat-extermination-on-a-remote-tropical-island-tahiti/10544694

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26 mai 2019

AUSTRALIE - Sur l'île Christmas, on reçoit scinque sur scinque !

Blue-Tailed_Skink_(Cryptoblepharus_egeriae)Illustration : un petit Scinque de l'île Christmas. Photo Bart Everson / Wikimedia Commons.

Sur l'île Christmas (dépendance australienne), le petit scinque (lézard) endémique Cryptoblepharius egeriae est réupté éteint à l'état sauvage (officiellement depuis 2017 mais sans doute depuis le début des années 1990, victime de certaines espèces invasives de serpents et de mille-pattes), ne survivant plus qu'en zoo et dans des élevages conservatoires. Pourtant, ce joli petit reptile fait son retour avec la réintroduction de 170 animaux sur leur terre d'origine en août 2018, dans un espace clos protégé.

Au bout de 8 mois, de nombreux jeunes ont été observés, témoignant du succès de l'entreprise de réintroduction expérimentale.

La réintroduction d'un autre groupe est prévue sur un second site dans le courant de l'année.

We wish you a merry Christmas (island), et avec quelques mois d'avance...

Source : https://blog.parksaustralia.gov.au/2019/04/17/blue-tailed-skink-success/

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INDONESIE - La faune marine rebondit dans la réserve de Misool !!!

800px-Raja_Ampat_2Illustration : récif luxuriant aux Raja Ampat (Indonésie). Photo Hulivili / Wikimedia Commons.

Une preuve, entre cent, du succès que peuvent rencontrer les réserves marines en matière de protection de la faune : dans la réserve de Misool (Raja Ampat) en Indonésie, aire de 1.220 km² où la lutte contre la pêche illégale est active, la biomasse totale a augmenté de 250% en seulement 6 ans. Les observations de requins et raies mantas ont aussi augmenté.

Ce secteur était naguère très fréquenté par des braconniers aux techniques destructrices pour la faune et les écosystèmes : pêche à la dynamite, captures de requins et de tortues, chalutage... et les populations de poissons étaient sévèrement réduites dans les premières années du siècle.

Source : https://blog.nationalgeographic.org/2017/04/25/misool-bluewater-shark-baitball-a-sign-of-conservation-success-in-raja-ampat-indonesia/

Par ailleurs, l'Indonésie (pourtant décriée sur certains aspects de sa politique environnementale, notamment par rapport aux cultures de palmiers à huile...) est lancée dans une dynamique très encourageante pour la protection de la faune marine, les réserves s'y multiplient et la pêche illégale est sévèrement réprimée depuis quelques années. Et ça, on mériterait d'en parler davantage !

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13 mai 2019

PORTUGAL - Le retour de l'Ours brun, une première depuis plus d'un siècle !

DSCF0040Illustration : Ours brun au Zooparc de Beauval (France). Photo Alexis VERNIER.

Les amoureux de la nature en Europe peuvent se réjouir : pour la première fois depuis plus de 100 ans, la présence d'un Ours brun a été confirmée sur le sol du Portugal, plus exactement dans le Parc National de Montesinho !

La dernière population d'Ours portugais avait probablement disparu depuis la fin du 19ème siècle. La dernière mention certaine remontait à 1843 avec un animal tué dans la région montagneuse de Geres.

Le Parc National de Montesinho étant situé à proximité de la frontière espagnole, il ne fait quasiment aucun doute que l'Ours est venu depuis l'Espagne (pays d'où les Ours n'ont jamais disparu), traduisant probablement une tentative de recolonisation naturelle à confirmer (l'animal signalé étant probablement un jeune mâle en quête de territoire).

Les populations d'Ours espagnoles (chaîne des Cantabriques) sont en relativement bonne santé, avec un effectif en augmentation depuis la fin des années 1980 grâce aux plans de protection, estimé à 330 animaux aujourd'hui.

Et en France ? Les Ours bruns sont aujourd'hui confinés aux Pyrénées et très rares (et doivent leur existence à la réintroduction de plusieurs animaux en provenance de Slovénie depuis les années 1990), mais leur présence tend à se consolider avec au moins 46 animaux recensés en 2017 (source : ONCFS) et des naissances régulières. Ils n'étaient qu'une dizaine en 1995.

Source : https://phys.org/news/2019-05-brown-sighting-portugal-century.html

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AFRIQUE DU SUD - Extension d'une réserve pour des Tortues parmi les plus rares au monde

1024px-Fynbos_(4575530933)Illustration : une vue du fynbos. Photo Alexey Yakovlev / Wikimedia Commons.

En Afrique du Sud, une réserve a récemment été institué dans le "fynbos", une région de brousse proche du Cap au climat méditerranéen qui représente un écosystème menacé en lui-même (sous l'effet de la mise en culture des terres, moins de la moitié de ce biotope demeure intact), mais qui accueille une espèce en état encore plus critique, la Tortue géométrique Psammobates geometricus, dont moins de 1.000 individus sont supposés survivre à l'état sauvage. Cette petite tortue qui ne vit qu'à proximité de la mégalopole du Cap a perdu 95% de son habitat.

Mais la réserve donne enfin un coup d'arrêt à la destruction d'une partie de son milieu de vie ; l'on estime qu'à elle seule, cette "arche" accueille 15 à 20% de sa population mondiale.

Additionnellement, elle accueille une très grande diversité botanique : environ 9.000 espèces de plantes y vivent, dont les 2 tiers ne se rencontrent nulle part ailleurs.

Source : https://www.rainforesttrust.org/reserve-expanded-for-threatened-tortoises/

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11 mai 2019

NOUVELLE-ZELANDE - Le retour du Tuatara sur Moutohora

TuataraIllustration : le Tuatara, un reptile unique en son genre. Photo Wikimedia Commons.

L'île de Moutohora (littéralement, "l'île de la Baleine") voient croître leur population de Tuataras Sphenodon punctatus, reptiles à l'allure d'iguanes mais uniques au monde (ils existent depuis l'âge des dinosaures et ne sont apparentés à aucun autre groupe de reptiles vivant sur Terre ; leur espérance de vie peut attendre 100 ans).

Ce reptile appartient à une espèce rare et sa survie dépend de sa réintroduction sur des îles libres de prédateurs (les espèces introduites comme les rats et les belettes sont un fléau pour la faune locale), ce qui s'est passé sur l'île de Moutohora, où la réintroduction menée à partir de 1996 a été un succès (les animaux réintroduits se sont reproduits sur l'île).

Aujourd'hui, les Tuataras ne vivent que sur 32 îles protégées autour de la Nouvelle-Zélande dont le statut et surtout l'absence de prédateurs introduits leur assure une sécurité, en plus du respect que leur vouent les Maoris qui les considèrent comme un taonga ("trésor particulier").

En outre, la protection accordée à l'île est bénéfique à toute une faune de reptiles et d'oiseaux endémiques parmi lesquelles le Kiwi de Mantell Apteryx mantelli (espèce vulnérable, aux effectifs globalement stables), le Créadion de Lesson Philesturnus refusater (un petit passereau considéré "quasi-menacé" et dépendant des mesures de conservation, mais en augmentation) et une colonie de Pétrels à face grise Pterodroma gouldi (espèce non-menacée à l'échelle globale, mais bénéficiant localement de l'absence de prédateurs), ainsi que des végétaux d'espèces rares.

Source : https://www.doc.govt.nz/news/media-releases/2019/tuatara-thriving-on-moutohora/

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ETATS-UNIS - Quand les Bisons reviennent, les prairies refleurissent

800px-Bison_bison_Wichita_Mountain_OklahomaIllustration : un impressionnant Bison dans la réserve de Wichita dans l'Oklahoma. Photo Katsrcool / Wikimedia Commons.

L'on sait couramment que les Bisons américains Bison bison ont frôlé l'extinction dans le courant du 19ème siècle.

L'on sait moins qu'ils ont actuellement été réintroduits dans un grand nombre d'aires protégées de l'Ouest américain.

Et encore moins que leur retour a un effet positif sur la santé des prairies, et de toutes les espèces animales et végétales qui y vivent.

Par exemple, dans la réserve de Tall Grasses, instituée en 1992 et qui couvre plus de 16.000 hectares dans l'Oklahoma, les Bisons (localement disparus depuis 1 siècle) ont été réintroduits en 1993, aux fins de recréer un peu de l'écosystème originel de la grande prairie.

La présence des grands ruminants exerce une sélection sur les communautés végétales, et permet en retour l'installation d'espèces animales souvent plus rares et menacées que le Bison lui-même, ainsi le Tétras des prairies Tympanuchus cupido, une espèce en déclin classée "vulnérable" à l'échelle mondiale. Ces oiseaux ont besoin des habitats créés par le Bison pour faire leurs parades amoureuses et élever leurs nichées. De même, une grande diversité d'insectes dépend du Bison pour prospérer.

Les Bisons fertilisent aussi le sol et participent à la propagation des graines avec leurs déjections.

Certains parlent du Bison comme un "ingénieur de l'écosystème", dont la présence participe à façonner le paysage unique des grandes prairies.

Au tournant du 20ème siècle, seul un millier de Bisons éparpillé dans quelques parcs naturels et des zoos avait survécu au massacre. Aujourd'hui, grâce à des politiques de protection menées pendant plus d'un siècle, c'est au total un demi-million de Bisons qui vit dans plus de 6.000 aires publiques, privées ou communautaires (réserves indiennes). Et il est question de doubler leur population, en offrant un habitat pour un million d'animaux.

Source : https://www.inverse.com/article/52602-bison-are-back-and-that-benefits-many-other-species-on-the-great-plains

09 mai 2019

PEROU - Une réserve de 17.600 hectares de forêt dans les Andes

Masked_Mountain-Tanager_-_Ecuador_S4E4582_(23224210656)Illustration : beauté et rareté d'un Tangara de Wetmore. Photo Francesco VERONESI / Wikimedia Commons.

Le Ministre de l'Environnement péruvien a déclaré la protection d'une réserve privée de 16.600 hectares de forêt tropicale de montagne dans les Andes. Ce statut offrira une protection légale contre les déboisements, les activités minières et la colonisation agricole.

Les forêts tropicales des Andes font partie des hauts lieux de la biodiversité dans le monde : l'on y trouve des espèces rares et endémiques comme le Caïque de Salvin (un petit perroquet) Hapalopsittaca pyrrhops et le Tangara de Wetmore Buthraupis wetmorei (tous deux classés "vulnérables" à l'échelle mondiale), ainsi que des mammifères parfois de grande taille : l'Ours à lunettes Tremarctos ornatus (vulnérable) et le Tapir des Andes Tapirus pinchaque (en danger) ou beaucoup plus humbles comme le rongeur Thomasomys incanus (non considéré comme menacé mais très localisé et méconnu).

Au-delà de la protection de ces espèces rares, la conservation des forêts de montagne offre de nombreux services écosystémiques aux communautés locales sinon au monde entier : production et purification de l'eau, stockage du carbone, production de plantes médicinales et fruits, etc...

Source: https://www.birdguides.com/news/peruvian-government-protects-17-600-hectares/

CANADA - Une réserve marine de 11.000 km² dans la Voie Maritime du Saint-Laurent

800px-Beluga_1_1999-07-03Illustration : le Béluga Delphinapterus leucas, espèce emblématique de l'estuaire du Saint-Laurent. Photo Ansgar WALK / Wikimedia Commons.

Le gouvernement canadien a désigné plus de 11.000 kilomètres carrés dans la Voie Maritime du Saint-Laurent (un ensemble de bras d'eau entre l'Océan Atlantique et le cours du Saint-Laurent proprement dit) comme réserve marine.

Les activités nocives pour l'environnement comme l'exploration et l'exploitation minière et pétrolière, ou le chalutage y seront interdites.

Actuellement, 8,27% du merritoire canadien est sous statut de protection.

Source : https://divernet.com/2019/04/28/canada-mpas-to-mean-what-they-say/

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