Le blog de la refaunation

LA LETTRE DE LA REFAUNATION, N° 24 - NOVEMBRE 2022

Chères lectrices, chers lecteurs,

Aux antipodes de l'éco-fatalisme et de la morosité ambiante, je vous propose la sélection de novembre 2022 de la lettre "Objectif Refaunation".

Ici, vous découvrirez tout ou presque sur les perspectives de forêt "néo-primaire" en Europe de l'Ouest, le retour de l'Aigle royal en Ecosse et de la Grande Outarde en Slovaquie, ou encore l'augmentation inédite du nombre d'Eléphants de forêt au Gabon.

Le numéro peut être consulté ici :

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Bonne lecture !


30 novembre 2022

PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINEE - Redécouverte d'un "pigeon-faisan" porté disparu depuis 140 ans

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En septembre 2022, une équipe de chercheurs américains a retrouvé un exemplaire vivant du Pigeon-faisan à nuque noire Otidiphaps [nobilis] insularis sur l'île Fergusson au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'oiseau, qui avait été recherché sans succès il y a quelques années, a même été photographié et filmé grâce à une caméra placée à distance.

L'oiseau qui se plaît dans des jungles accidentées et impénétrables n'avait plus été signalé par les scientifiques depuis 140 ans (avec 2 exemplaires collectés en 1882...) et passait pour une sorte de mythe chez les ornithologues, même si la survie de cette espèce était toujours mentionnée dans les savoirs indigènes (ceux-ci donnaient même le nom "Auwo" à cet oiseau).

Il est tellement rare qu'il a été placé dans la catégorie des espèces "en danger critique d'extinction" depuis 2021, avec une population comprise entre 50 et 249 oiseaux matures (mais en réalité et avec aussi peu d'observations documentées les connaissances sur sa biologie et ses effectifs sont extrêmement faibles, comme on peut s'en douter...).

La redécouverte de cet oiseau mystérieux n'est probablement pas le dernier secret de la faune des îles papoues et mélanésiennes ; nul doute que la conservation de ces espèces passera par participation des peuples indigènes, qui les connaissent dans leur vie quotidienne et dans leurs cultures (comme cela a récemment été le cas en Papouasie "continentale" sur la péninsule Huon, une région qui accueille des Kangourous arboricoles, des Dugongs et des Tortues luths, ainsi que je l'avais relaté il y a 2 ans). Je vous tiendrai informés des développements de la conservation de la nature dans cette région légendaire (qui concerne pour partie le territoire français, avec la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna).

Sources : https://news.cornell.edu/stories/2022/11/lost-pigeon-found-after-more-century

https://reporterre.net/Un-pigeon-faisan-apercu-pour-la-1ere-fois-depuis-140-ans

Illustration : un Otidiphaps noble Otidiphaps nobilis, espèce étroitement apparentée au Pigeon-faisan à nuque noire, au Zoo de Smithsonian (Washington/Etats-Unis). Source : David J. STANG / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.

29 novembre 2022

MEXIQUE - Le Jaguar fait son retour au Yucatan

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Pour la Journée Internationale du Jaguar (le 29 novembre de chaque année), je vous fais partager une nouvelle de taille, puisqu'il s'agit de la hausse de la populations de ces grands félins dans les jungles du Yucatan, à l'extrême Sud du pays. Cette région de forêts tropicales abrite la plus grande densité de Jaguars du Mexique (env. 800 animaux). Mais surtout la population de ces félins augmente grâce à l'action conjointe des ONG écologistes et des communautés locales, et ceci malgré des projets d'aménagements qui amenuisent l'habitat des Jaguars ou risquent de le faire.

A vrai dire, les populations de Jaguars augmentent au Mexique depuis quelques années, passant de 4.025 animaux en 2010 à 4.766 en 2018, ce qui en fait à ce jour (et à ma connaissance) le seul pays qui connaisse un accroissement significatif des effectifs de cette espèce, après plusieurs siècles de déclin.

La protection de cette espèce bénéficie à l'ensemble de l'écosystème de forêts tropicales du Yucatan. Par exemple, la prise en compte du Jaguar a conduit les autorités à imposer des passages à faune sur le parcours du "train maya" (une ligne de chemin de fer touristique, en cours de construction) et à agrandir en même temps la réserve de biosphère de Calakmul (qui accueille pas moins de 70.000 espèces végétales et animales, et devrait passer de 726.000 à 1.300.000 hectares, je vous tiendrai informés si ce projet se réalise) en la connectant à d'autres aires protégées. Certaines exploitations agricoles se convertissent aussi à l'agro-écologie et à l'éco-tourisme (parfois associés au tourisme archéologique), grâce aux Jaguars.

Elle a aussi une grande valeur culturelle, puisque les Jaguars sont vénérés depuis des millénaires par les peuples méso-américains (comme les Mayas et Aztèques d'autrefois) et les statues et reliefs à l'effigie de Jaguars sont admirés par des milliers de visiteurs. Aujourd'hui ils veillent peut-être sur le développement durable de l'Amérique centrale...

Source : https://www.nytimes.com/2022/11/08/travel/jaguars-mexico-yucatan.html

Illustration : Jaguar au Zooparc de Beauval (France). Photo Alexis VERNIER.

26 novembre 2022

INDE - Le Tamil Nadu crée son 17ème sanctuaire de faune sauvage

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L'Etat du Tamil Nadu (Sud-Est de l'Inde) vient de créer son 17ème sanctuaire de faune sauvage, le "Cauvery South Wildlife Sanctuary".

Cette aire de forêts et de cours d'eau de 686 km² accueille notamment 35 espèces de mammifères répertoriées et 238 d'oiseaux. Parmi elles, des animaux rares et emblématiques de l'Inde comme des populations notables d'Eléphants d'Asie Elephas maximus et quelques Tigres du Bengale Panthera tigris tigris susceptibles de recoloniser durablement le secteur, mais aussi des espèces menacées plus discrètes comme la Loutre à pelage lisse Lutrogale perspicillata et l'Antilope tétracère Tetracerus quadricornis classés "vulnérables", l'Ecureuil géant gris Ratufa macroura et le Pygargue nain Haliaeetus humilis tous deux classés "quasi-menacés" à l'échelle mondiale. On y trouve aussi des reptiles menacés comme le Crocodile des marais Crocodylus palustris (vulnérable) et la Tortue à carapace molle de Leith Nilssonia leithii (en danger critique d'extinction).

Elle est reliée à de nombreuses autres aires protégées (réserve de biosphère des Nilgiri, sanctuaire de faune sauvage de Malai Mahadeshwara, réserves à Tigres du temple de Biligiri Rangaswamy et de Sathyamangalam, forêt d'Erode), constituant un réseau d'espaces favorables à la faune sauvage dans cette région.

Sources : https://swarajyamag.com/science/tamil-nadu-gets-its-seventeenth-wildlife-sanctuary-cauvery-south-wildlife-sanctuary

https://timesofindia.indiatimes.com/city/chennai/cauvery-south-sanctuary-is-17th-reserve-in-tamil-nadu/articleshow/95389097.cms

https://indianexpress.com/article/cities/chennai/tamil-nadu-notifies-cauvery-south-wildlife-sanctuary-as-states-17th-wildlife-sanctuary-8257478/

Illustration : Tigresse du Bengale au Parc national de Kanha (Inde). Photo Charles J. Sharp / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.

25 novembre 2022

FRANCE - 100 Cistudes d'Europe nées en zoo nées en Alsace

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Après les îles du Pacifique tropical, je vous propose aujourd'hui une autre histoire de réintroduction, concernant la Cistude d'Europe Emys orbicularis, petite espèce de tortue d'eau.

Cette histoire est intéressante à plus d'un titre.

D'abord elle a lieu bien plus près de chez nous puisqu'elle se passe en France. Ensuite elle implique la participation de plusieurs zoos qui contribuent à l'élevage conservatoire de l'espèce.

La Cistude d'Europe n'est pas formellement considérée comme une espèce menacée sur le territoire français, mais elle a subi des forts déclins historiques (du fait de l'assèchement des marais, de la pollution et de l'introduction d'espèces invasives comme la Tortue de Floride) et a disparu de plusieurs régions, surtout dans la moitié Nord du pays.

Parmi celles-ci l'Alsace où son extinction est ancienne, remontant au XIXème siècle. Depuis une dizaine d'années elle bénéficie d'un programme de réintroduction, notamment sur la gravière restaurée du Lauterbourg. Au mois de septembre 2022, 100 jeunes Tortues y ont été relâchées (en tout 500 animaux ont été réintroduits en plusieurs phases depuis quelques années, ce qui en fait un programme de réintroduction important par le nombre d'animaux relâchés).

La réintroduction a pu être réalisée avec le soutien de divers partenaires publics et privés, français et allemands. Les Tortues elles-mêmes sont issues de plusieurs parcs zoologiques et établissements d'élevage spécialisés hexagonaux : le Zoo de Mulhouse, le Parc animalier de Sainte-Croix, l'élevage conservatoire de la Petite Camargue alsacienne, la Réserve zoologique de la Haute-Touche, le Parc de Branféré et Zoodyssée.

Les programmes d'élevage menés dans ces zoos ne se limitent pas à l'échelle nationale puisqu'ils font partie d'un programme européen d'élevage géré par le Parc animalier de Sainte-Croix. Peut-être qu'un jour les Cistudes des zoos français iront repeupler les étangs d'autres pays européens (comme cela se fait déjà pour plusieurs autres espèces animales comme les Vautours et les Ibis chauves), je ne manquerai pas de vous en tenir informés si cela advient un jour...

Si les tortues comptent en leur rang un grand nombre d'espèces menacées, la popularité générale dont elles bénéficient en fait des candidates de choix pour les programmes de réintroduction et de restauration écologique, au moins parmi celles qui peuvent être reproduites ou élevées en captivité (voir ici des exemples cambodgiens et australiens).

Source : https://natureetzoo.fr/reintroduction-de-100-cistudes-deurope-nees-dans-plusieurs-zoos-francais/

Illustration : une Cistude d'Europe. Photo Dionysisa303 / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.


24 novembre 2022

ATOLL PALMYRA - Vers le retour des Martins-chasseurs cannelle

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Disparu de son habitat d'origine depuis les années 1980 (la faute à un serpent invasif nommé Boiga irregularis ou "Serpent brun arboricole", arrivé clandestinement d'Asie avec des marchandises ou du matériel militaire, et prédateur redoutable des oiseaux), le Martin-chasseur cannelle Todiramphus cinnamominus pourrait être réintroduit dans le milieu naturel dès l'année prochaine.

Quelques décennies plut tôt, les chances de survie des derniers représentants de l'espèce étaient tellement faibles qu'ils avaient été capturés et élevés dans un programme d'élevage en captivité (suivant l'exemple du Condor de Californie et de quelques autres espèces).

Le programme a été un succès, si bien que les 16 oiseaux "fondateurs" du programme sont à l'origine de près de 140 oiseaux répartis dans 25 zoos et centres d'élevage à travers le monde (principalement aux Etats-Unis d'Amérique et dans leurs dépendances du Pacifique).

Aujourd'hui la réintroduction est à nouveau envisageable (même si le programme d'élevage en captivité doit être poursuivi, pour se prémunir d'une nouvelle catastrophe ou bien pour mener plusieurs projets de réintroduction).

Mais il n'est, pour l'heure, pas possible de les réintroduire sur Guam, ni même sur les îles voisines, où les serpents sont encore trop nombreux et menaçants. Le lieu alternatif proposé pour une première phase de réintroduction est l'atoll Palmyra... à près de 5.000 kilomètres de Guam, mais dont la végétation et le climat sont proches.

L'atoll Palmyra a lui-même bénéficié d'une entreprise d'éradiction des rats, autre espèce invasive et potentiellement prédatrice des couvées de Martins-chasseurs.

La réintroduction, prévue pour 2023, passera par une étape intermédiaire à Honolulu (Hawaï), où 20 oeufs de Martins-chasseurs seront acheminés, avec élevage des jeunes à la main. Neuf de ces derniers pourront être relâchés sur Palmyra (les autres étant transférés à Guam pour continuer le programme d'élevage conservatoire). Les oiseaux relâchés seront eux-mêmes équipés d'émetteurs et suivis sur leur nouvel habitat. Si la première vague de réintroduction se passe bien, un second groupe pourra être réintroduit à son tour, l'objectif final restant leur retour à Guam (dans des aires restreintes vierges de serpents et autres prédateurs)... qui pourrait se dérouler dans la décennie 2020 si possible.

Je vous tiendrai informés de tout avancement de ce formidable processus de réintroduction, qui pourrait amener une nouvelle espèce à sortir de la catégorie des espèces "éteintes à l'état sauvage".

Source : https://www.usgs.gov/news/state-news-release/invasive-brown-treesnake-present-cocos-island-agencies-working-prevent

Illustration : Martin-chasseur cannelle au Zoo de San Diego (Etats-Unis). Photo Kjunstorm / Creative Commons Attribution 2.0.

23 novembre 2022

AUSTRALIE - Une nouvelle aire protégée en Tasmanie

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La Tasmanie vient d'instituer une nouvelle aire protégée sur le site de Sloping Main. Cette aire de 425 ha située dans la péninsule de Tasman recouvre des communautés végétales typiques et menacées, et elle est elle-même adjacente d'autres aires protégées publiques et privées, créant une continuité écologique pour la faune.

La péninsule de Tasman est notamment une des rares aires où les populations de l'emblématique Diable de Tasmanie Sarcophilus harrisii ne sont pas affectées par le cancer facial, maladie mortelle qui décime les populations de l'espèce depuis la fin du 20ème siècle. Aujourd'hui les protecteurs de l'espèce s'affairent à déployer une stratégie à approches multiples pour sauver ce marsupial : protéger les espaces vierges de cette maladie (c'est le cas ici), travailler sur un vaccin ou traitement ainsi que sur une éventuelle immunité naturelle qu'auraient développé certains individus, élever des souches saines d'animaux en captivité et procéder à des réintroductions (comme c'est le cas depuis quelques années sur le territoire d'Australie "continentale").

La péninsule est aussi un habitat possible pour l'Antéchine sombre Antechinus swainsonii, un marsupial petit et discret, devenu rare en Tasmanie (quoique non menacé à l'échelle globale).

Source : https://tasmaniantimes.com/2022/11/tlc-creates-new-reserve-at-sloping-main/

Illustration : deux Diables de Tasmanie au Zooparc de Beauval (France). Photo Alexis VERNIER.

22 novembre 2022

ETATS-UNIS - Ce poisson a quelque chose de Tennessee !

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Il s'appelle Fundulus julisia, il ne dépasse pas 10 cm de long, il est très coloré et c'est un des rares représentants de son genre à vivre en zone tempérée (la plupart de ces poissons, dits "cyprinodontiformes", vit sous les tropiques) mais il est un des poissons les plus menacés d'Amérique du Nord, ne vivant que dans le bassin de la rivière Tennessee, avec une population ne dépassant pas au mieux quelques milliers d'adultes (espèce classée "en danger" à l'échelle mondiale). L'espèce a notamment souffert de la dégradation des plans d'eau peu profonds causée par le piétinement du bétail, et surtout de l'introduction de la Gambusie Gambusia affinis, couramment élevée en tant que prédatrice des moustiques, mais également prédatrice redoutable pour les petites espèces de poisson.

Aussi, quand 64 de ces poissons ont été trouvés en 2016 dans une mare en voie d'assèchement, ils ont été collectés puis élevés à l'Aquarium du Tennessee en vue d'établir une population "de secours" prête à être réintroduite et de préserver leur patrimoine génétique.

Bien que considérée comme menacée depuis les années 1970 au moins, l'espèce n'a "gagné" de statut de protection officiel que trois ans plus tard, en 2019 (le statut de protection lui-même est imparfait, puisque les habitats à protéger pour sa survie n'ont pas eux-mêmes été légalement désignés à ce jour...). Il fait partie des espèces menacées que l'on peut qualifier "d'orphelines", puisqu'elles ne mobilisent que peu d'efforts de la part des organismes publics ou privés chargés de la protection de la nature.

Un projet de désignation d'aires protégées par les autorités chargées de la protection de la nature pourrait toutefois être effectif dès la fin de cette année. Je ne manquerai pas de vous en tenir informés, si possible.

La protection de l'habitat va bien au-delà de ces seuls poissons, puisque les cours d'eau du Sud-Est des Etats-Unis (où se mêlent influences tropicales, tempérées et même nordiques) comptent parmi les écosystèmes aquatiques les plus riches du monde.

Source : https://apnews.com/article/science-tennessee-climate-and-environment-animals-fish-b7cf952c5c5f6055e471f8b9e41213e5

Illustration : quelques spécimens de Fundulus sciadicus, une espèce apparentée au Fundulus julisia. Photo Konrad P. Schmidt / Wikimedia Commons.

21 novembre 2022

AUSTRALIE - 4.000 hectares acquis pour protéger les Koalas

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Près de 4.000 hectares de forêts habitées par des Koalas dans la région de Hunter (Nouvelles-Galles-du-Sud, au Sud-Est de l'Australie) vont prochainement être sauvegardés dans le cadre d'une réserve privée acquise par un couple de philanthropes. Outre les Koalas, 11 autres espèces de vertébrés moins médiatisés mais rares ou menacés (dont le Phalanger volant Petaurus australis "quasi-menacé" à l'échelle mondiale, la Chauve-souris Kérivoule papoue Phoniscus papuensis, le Cacatoès de Latham Calyptorhynchus lathami "vulnérables" et la grenouille Litoria brevipalmata "en danger") y sont présentes.

Les forêts incluses dans cette nouvelle aire protégée sont en bon état et jouxtent le parc national de Ghin-Doo-Ee, offrant davantage d'espace sécurisé à la faune.

La propriété sera gérée par l'ONG Australian Wildlife Conservation, notamment contre les espèces invasives animales et végétales, et contre le risque d'incendie.

Récemment classés "en danger" par les autorités australiennes, les Koalas ont souffert des conditions climatiques défavorables et surtout des grands incendies des années 2019-2020. Cette décision a été suivie par la désignation de nouvelles aires protégées, publiques ou privées, dans l'Est australien où ils vivent : par exemple trois sites totalisant environ 2.000 hectares acquis par le service des parcs nationaux de Nouvelles-Galles-du-Sud plus tôt dans l'année. Les ONG de protection de la nature militent pour un accroissement des zones protégées dans cette partie de l'Australie, à la fois très riche en biodiversité (mélange d'influences tropicales et tempérées) et exposée aux pressions humaines et aux risques climatiques.

Je ne manquerai pas de vous informer à l'avenir des avancées futures dans la protection des Koalas, des autres espèces menacées et de leurs habitats dans les forêts est-australiennes.

Source : https://www.theguardian.com/australia-news/2022/nov/10/philanthropists-acquire-nearly-4000-hectares-of-nsw-koala-habitat-for-conservation

Illustration : Koala du Queensland et son petit au Zooparc de Beauval (France). Photo Alexis VERNIER.

18 novembre 2022

BANGLADESH - La rivière Halda revit grâce aux mesures de protection

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Les efforts de restauration de la rivière bangladaise Halda et de son lit portent leurs fruits. Depuis 2018, les efforts menés par les autorités pour combattre la surpêche et la pollution industrielle (tanneries, usines de pâte à papier, de fabrication de tabac...) se sont traduits par une diminution sensible de la pollution et un certain retour de diverses espèces de poissons typiques du sous-continent indien, plus ou moins apparentés aux carpes et importantes pour l'alimentation humaine dans cette partie du monde, comme le Labéo roho Labeo rohita, le Calbasu Labeo calbasu,la Catla Catla catla et la Carpe mrigal Cirrhinus cirrhosus (cette dernière classée "vulnérable" à l'échelle mondiale) qui se sont remis à y pondre après avoir un temps disparu (les pontes avaient été quasi-nulles en 2016).

Plus encore, cette rivière longue de 107 km est un bastion pour les Dauphins du Gange Platanista gangetica, une espèce en danger, dont 147 représentants seraient présents dans le cours de la rivière (et naturellement dépendants de la ressource en poisson pour leur alimentation). La rivière fournit également l'eau nécessaire aux 7 millions d'habitants de la ville de Chittagong. Elle est classée "site d'héritage piscicole" (Fish heritage site) depuis 2020.

Les progrès sont toutefois fragiles, la production d'oeufs de poissons aurait à nouveau baissé depuis 2020, à cause de l'intrusion d'eau salée provoquée par le cyclone Amphan.

L'affaire reste à suivre. J'essaierai de vous en tenir informés.

Source : https://news.mongabay.com/2022/11/fish-eggs-return-to-bangladeshs-halda-river-following-conservation-efforts/

Illustration : le Dauphin du Gange, espèce dépendante des écosystèmes aquatiques du sous-continent indien. Photo Aafi ALI / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.