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Le blog de la refaunation

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4 septembre 2026

GUYANE FRANCAISE - Plus de 150.000 ha protégés

Le 8 juin 2026, la Guyane française a vu la création d'une nouvelle aire protégée, la réserve biologique intégrale des Pitons rocheux de l'Armontabo, qui s'étend sur 156 290 ha de forêts tropicales parmi les mieux conservées au Monde (comme c'est le cas du plateau guyanais pris au sens large) et les plus riches en biodiversité, parsemées de blocs rocheux (inselbergs) qui surplombent la forêt, formant des espaces comparables à des îles.

Le patrimoine présent dans cette réserve comprend plusieurs sites archéologiques amérindiens et coloniaux (ancienne distillerie d'essence de bois de rose). La faune comporte notamment plusieurs espèces de grands mammifères (Jaguar, Loutre géante...), une bonne diversité de chauves-souris et d'amphibiens notamment dans la famille des Grenouilles de verre Centrolenidae, et des centaines d'espèces d'oiseaux.

La protection de ce site s'inscrit dans le programme français de placer 10% du territoire national sous un statut de protection forte.

Par ailleurs, de nouvelles aires protégées viennent d'être créées dans le Suriname voisin, qui borde la Guyane française à l'Ouest.

Sources : ONFGood News Network

Illustration : Jaguar Panthera onca, un des habitants les plus charismatiques de la forêt guyanaise (photographié ici au Zooparc de Beauval/Centre-Val de Loire). Photo Alexis VERNIER.

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3 septembre 2026

CAP-VERT - La protection des Tortues caouannes porte ses fruits

Au Cap-Vert, les plages de l'île de Boa Vista ont vu leur population de Tortues caouannes Caretta caretta multipliée par 80 sur les 27 dernières années (période 1998-2024), grâce aux mesures de protection assurées par les locaux en faveur des reptiles et de leur habitat. Les habitants ont en effet mis en place une surveillance des nids, tandis que les tortues sont devenues une "attraction" prisée des voyageurs qui visitent cet archipel ouest-africain.

La densité des pontes de tortues y atteint désormais des records mondiaux, atteignant 22.000 nids par kilomètre de plage (en comparaison les plus grands sites connus, en Floride et au Sultanat d'Oman, n'ont "que" 600 nids par kilomètre de plage).

La Tortue caouanne, qui vit dans toutes les mers tropicales et subtropicales du Monde, est classée comme une espèce "vulnérable" depuis 2015, après avoir été classée "en danger" durant deux décennies. Si certaines des menaces qu'elle subit sont globales (destruction des habitats, pollution, changement climatique...), ce statut de conservation cache en réalité de fortes différences d'un bassin océanique à un autre : les populations des rives occidentales de l'Atlantique (Amérique du Nord et du Sud, Caraïbes), du Pacifique Nord et de Méditerranée sont considérées comme peu menacées, tandis que celles du Nord-Ouest de l'Océan Indien et du Pacifique Sud ont un statut "en danger critique". L'augmentation numérique des Tortues capverdiennes est d'autant plus intéressante que les populations de l'Atlantique Nord-Est ont été considérées jusqu'à récemment comme "en danger"...

Elle est assez fréquente dans les zoos et aquariums publics, qui la reproduisent peu mais qui recueillent souvent des animaux blessés ou mutilés, dont la présence sensibilise le public à la protection de l'Océan... On compte (source : Zootierliste, données de sept. 2026) 42 collections qui en ont en Europe - dont 7 en France -, 47 en Amérique du Nord et aux Caraïbes, 2 en Amérique du Sud (Colombie), 3 en Afrique (Afrique du Sud et Tunisie), 37 en Asie (principalement au Japon) et 2 en Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande).

Source : Mongabay

Illustration : Tortue caouanne Caretta caretta au-dessus d'un fond sableux aux Bahamas. Photo Thomas BROWN / Creative Commons Attribution 2.0.

2 septembre 2026

MONTENEGRO - Vers la protection de la moitié du territoire du pays

Petit État des Balkans, le Monténégro vient d'adopter une proposition de loi intégrant la moitié des espaces terrestres et marins au réseau européen "Natura 2000" (pour rappel le pays n'est même pas membre de l'Union européenne à l'heure actuelle).

Le gouvernement monténégrin projette la création de près de 100 sites protégés dont 7 en mer.

Ce pays est riche en faune, la gent ailée est notamment bien représentée avec des espèces comme le Pélican frisé Pelecanus crispus (une espèce eurasienne quasi-menacée mondialement, qui rencontre dans ce pays l'extrémité occidentale de son aire de répartition) et le Cormoran pygmée Microcarbo pygmeus sur le lac de Skadar (frontalier avec l'Albanie), ou encore l'Aigle royal Aquila chrysaetos dans les montagnes.

La protection du patrimoine naturel, qui sécurisera toute une gamme d'activités allant du tourisme à la sylviculture, est une opportunité pour l'avenir de ce pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne.

Je ne manquerai pas de vous tenir informés des avancées futures de la protection de la nature dans ce pays et plus généralement dans les Balkans.

Source : Birdlife International

Illustration : Pélican frisé Pelecanus crispus en vol au-dessus du delta du Danube (Roumanie). Photo Charles J. SHARP / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.

30 août 2026

BRESIL - Un nouveau refuge pour une espèce endémique

Une nouvelle aire protégée instituée sur plus de 5.660 ha près de Sao Paulo (refuge de faune sauvage de Salesópolis) préserve désormais un des derniers fragments de la Forêt Atlantique (Mata Atlantica, qui s'étendait jadis sur toute la bande côtière atlantique du Brésil mais qui a subi une déforestation précoce) et des espèces rares notamment une endémique, le Grisin des marais Formicivora paludicola, un passereau découvert seulement en 2004 et classé "en danger critique d'extinction", qui compterait au maximum 700 individus dans le milieu naturel. La faune ailée compte aussi d'autres raretés : le Sporophile à front blanc Sporophila frontalis (classé "vulnérable", comptant moins de 10.000 individus matures, présent au Sud du Brésil, au Paraguay et au Nord de l'Argentine) et la Buse couronnée Buteogallus coronatus (une espèce "en danger" que l'on trouve sur une aire de répartition assez vaste, incluant la moitié Sud du Brésil, la moitié Nord de l'Argentine, le Paraguay et une partie de la Bolivie, mais incroyablement rare avec moins de 2.000 individus matures mondialement).

C'est la 2ème aire protégée à être créée pour le Grisin des marais, la première étant le refuge de vie sauvage de Bicudinho (NDLR : le nom de cet oiseau en brésilien) qui recouvre environ 2.370 ha.

Le Grisin des marais est a priori absent de tout parc zoologique ou élevage en captivité, comme un grand nombre des membres de sa famille (Thamnophilidés), peu attractifs et difficiles à élever et reproduire.

Source : https://abcbirds.org/news/new-wildlife-refuge-sao-paulo-marsh-antwren/

Photo Dario SANCHES / Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0.

29 août 2026

BOLIVIE - Près de 168.000 ha protégés dans les Andes de Potosi

Dans la région de Potosi (extrême Sud de la Bolivie), jadis connue pour la richesse de ses mines (sur-)exploitées à l'époque coloniale, deux aires protégées (Rio Chilenas et Ciudad Roma) totalisant près de 168.000 ha viennent d'être instituées, sauvegardant l'habitat d'un grand nombre d'espèces de haute montagne parmi lesquelles le Chat des Andes (Leopardus jacobita, restreint à quelques habitats fragmentés dans les Andes centrales et méridionale, et classé "en danger" avec à peine plus de 2.000 individus matures), des oiseaux comme le Flamant du Chili (Phoenicopterus chilensis, "quasi-menacé" bien qu'encore assez nombreux avec 300.000 individus nichant principalement au Chili, en Argentine et en Bolivie, avec quelques déplacements occasionnels dans les pays voisins) et le Condor des Andes (Vultur gryphus, classé "vulnérable" depuis 2020 avec une population assez nombreuse comportant 6.700 individus matures mais sujette à des persécutions de la part des éleveurs de bétail). La région est aussi habitée par des espèces moins menacées mais emblématiques des hauts plateaux andins comme la Vigogne (Vicugna vicugna), le Viscache des montagnes (Lagidium viscacia, un gros rongeur apparenté au chinchilla), le Renard des Andes ou Culpeau (Lycalopex culpaeus) et le Nandou de Darwin (Rhea pennata).

La protection de ces espaces est aussi bénéfique aux communautés amérindiennes Lliphi qui habitent cette région depuis longtemps, et aussi à la ressource en eau, plusieurs rivières prenant leur source dans la région, contre des activités nocives pour l'environnement comme l'exploitation minière et la chasse abusive.

Par ailleurs ces espaces sont contigus à d'autres aires protégées, certaines renommées internationalement comme la Laguna Colorada, désignée comme site Ramsar et visitée par les touristes pour ses colonies de Flamants et la beauté surréaliste de ses paysages. Ils abritent aussi des sites archéologiques comme des tours funéraires appelées chullpas.

Source : Andes Amazon Fund

Illustration : Renard des Andes ou Culpeau, au Parc national de Cotopaxi (Equateur). Photo Datenralfi / CC BY-SA 3.0.

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28 août 2026

AUSTRALIE - Le Fourmilier marsupial (Numbat) fait son retour

Unique en son genre et animal emblématique de l'Ouest de l'Australie, le Numbat ou Fourmilier marsupial Myrmecobius fasciatus fait son retour, grâce aux mesures de protection.

Il a récemment été reclassé de la catégorie d'espèce "en danger" vers celle d'espèce "quasi-menacée".

Cet animal jadis présent dans tout le tiers Sud-Ouest de l'Australie revient de très loin : dans les années 1970, seuls 300 individus survivaient, rescapés des prédateurs introduits comme le Chat domestique ou le Renard roux, de la destruction de son habitat et des feux de forêt.

Aujourd'hui ce sont 2.000 à 3.000 individus matures qui vivent dans la nature, principalement dans des zones protégées d'où les prédateurs ont été éliminés, grâce à l'action des autorités publiques, d'établissements comme le Zoo de Perth (qui a eu un rôle déterminant dans la restauration de l'espèce) et de volontaires citoyens, entre autres.

Des populations ont été réintroduites dans d'autres États australiens : Australie méridionale et Nouvelles-Galles-du-Sud. 2 parcs zoologiques australiens en ont (source : Zootierliste, données d'août 2026) dont celui de Perth.

La création de nouveaux foyers de population est indispensable à la résilience de l'espèce, par exemple en cas de catastrophe qui frapperait l'un des sites où il habite.

Source : Mongabay

Illustration : Numbat au Zoo de Perth (Australie occidentale). Photo Stephane BORTZMEYER / CC BY-SA 3.0.

23 août 2026

ETATS-UNIS - Une forêt protégée près de Birmingham (Alabama)

Plus de 1.900 ha de forêts de Pins de Caroline Pinus echinata et autres essences viennent d'être protégés sur 2 sites différents près de Birmingham (Alabama), sécurisant notamment l'approvisionnement en eau. Les lieux sont également appréciés pour la randonnée et autres activités de plein air.

Source : https://bhamnow.com/2026/08/06/forever-wild-votes-to-protect-4718-acres-near-birmingham-including-key-drinking-water-source/

Illustration : forêt de Pins de Caroline Pinus echinata. Photo Wikimedia Commons.

19 août 2026

CANADA - Une nouvelle aire protégée en milieu subarctique (Colombie-Britannique)

La Colombie-Britannique a placé sous protection environ 450 km² d'habitats subarctiques situés au Nord-Est de cette province à la limite de l'Alberta, dite aire protégée "K'ih tsaaʔdze", ce site est le lieu de vie d'une population de Caribous et également un lieu d'importance culturelle pour plusieurs communautés amérindiennes.

Source : https://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/protected-area-northeast-b-c-9.7268852

Illustration : Troupeau de Caribous Rangifer tarandus caribou. Photo Peupleloup / Wikimedia Commons.

17 août 2026

ROYAUME-UNI - En Écosse, des tourbières et des reptiles sous protection

En Écosse, un projet de restauration des populations de reptiles est en cours dans les tourbières des Dumfries, sur les 508 ha que compte la réserve de Longbridge Muir. Des gîtes d'hivernage sont aménagés à travers les landes pour offrir un habitat aux Vipères péliades Vipera berus, Orvets Anguis fragilis et autres Lézards vivipares Zootoca vivipara. La réalisation du projet est prévue sur 3 ans.

Ce site longtemps malmené par les travaux de drainage est désormais reconnu comme une zone humide d'importance internationale, et sa restauration est bénéfique à la biodiversité, mais aussi au cycle de l'eau et au stockage du carbone (services écosystémiques).

Source : BBC

Illustration : Orvet fragile Anguis fragilis. Photo Alf1 / CC BY-SA 2.5.

16 août 2026

OCEANIE - Aire marine protégée géante de Mélanésie, acte II

En juin dernier, je vous avais informé de l'engagement de 3 gouvernements de l'Océan Pacifique (Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Fidji et Vanuatu) pour créer une gigantesque "méta-réserve" sur 6 millions de km² dans leur merritoire.

Aujourd'hui un quatrième gouvernement s'est joint à leur initiative, celui des îles Salomon ; il s'agirait dans ce cas davantage d'un "corridor d'aires protégées" que d'une grande portion de merritoire protégé d'un seul tenant. Elle s'inscrit dans un réseau d'aires marines protégées récemment créées ou en cours de création : réserve marine de West Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée sur 214.000 km² (une surface équivalente à celle de la Grande-Bretagne !), réserve de Torba au Vanuatu sur 71.000 km², etc... et dans le cadre de l'initiative internationale dite "de Kunming-Montréal" qui vise à la protection de 30% des espaces marins et terrestres de chaque nation d'ici 2030, nombre d'entre elles s'y étant ralliées.

Toutefois les contours exacts de cette "méta-aire protégée", la planification de sa création, des mesures de protection qui y seront appliquées (et qui pourraient même s'étendre aux eaux internationales...) et de l'association des citoyens et des communautés (qui appliquent souvent des règles de protection coutumières comme le tapu, à l'origine du mot français "tabou"...) restent encore à définir.

Située dans le quart Sud-Ouest du Pacifique, la Mélanésie est une sous-région de l'Océanie qui inclut aussi partiellement des États asiatiques (Indonésie) et aussi certaines collectivités françaises d'Outre-Mer (Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna...), et un "point chaud" de biodiversité avec 75% des espèces de corail connues, des requins, des raies, des dugongs, des baleines, etc... et chaque année de nouvelles espèces y sont découvertes.

La création d'un réseau d'aires protégées pose des défis (notamment le risque de déboucher sur des "réserves de papier" ne donnant lieu à aucune application concrète), mais elle est aussi une opportunité pour la sauvegarde des espèces marines migratrices, dont le cycle de vie déborde souvent les limites des aires protégées conventionnelles et des juridictions nationales.

Je vous tiendrai informés de toute avancée concernant ce projet.

Source : Mongabay

Illustration : banc de Raies mantas (Mobula sp.) devant les îles Salomon. Photo Leonard CLIFFORD / Creative Commons Attribution 2.0.

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