La Slovénie vient de créer un nouveau parc régional, le Parc régional de Snežnik, dans le Sud du pays, aux limites des mondes alpin, balkanique et méditerranéen. Culminant à 1.796 mètres au-dessus du niveau de la mer, il s'agit du 5ème parc régional à être créé dans ce pays. Il couvre 22.000 ha environ, ce qui représente 1% du territoire slovène.
On y trouve des écosystèmes variés notamment des forêts tempérées mixtes, des grottes karstiques (plus de 300 !) et, du côté de la faune, les 3 espèces de grands carnivores d'Europe centrale : l'Ours brun (Ursus arctos), le Loup gris (Canis lupus), le Lynx d'Europe (Lynx lynx). La création du parc sera favorable à l'écotourisme et aux activités pastorales.
Le projet de protection du site est très vieux : il date de 1907, sous l'impulsion du naturaliste slovène Albin Belar, longtemps avant l'avènement de la Slovénie en tant que nation indépendante et même de son prédécesseur géopolitique, la Yougoslavie.
Le 8 juin 2026, la Guyane française a vu la création d'une nouvelle aire protégée, la réserve biologique intégrale des Pitons rocheux de l'Armontabo, qui s'étend sur 156 290 ha de forêts tropicales parmi les mieux conservées au Monde (comme c'est le cas du plateau guyanais pris au sens large) et les plus riches en biodiversité, parsemées de blocs rocheux (inselbergs) qui surplombent la forêt, formant des espaces comparables à des îles.
Le patrimoine présent dans cette réserve comprend plusieurs sites archéologiques amérindiens et coloniaux (ancienne distillerie d'essence de bois de rose). La faune comporte notamment plusieurs espèces de grands mammifères (Jaguar, Loutre géante...), une bonne diversité de chauves-souris et d'amphibiens notamment dans la famille des Grenouilles de verre Centrolenidae, et des centaines d'espèces d'oiseaux.
La protection de ce site s'inscrit dans le programme français de placer 10% du territoire national sous un statut de protection forte.
Par ailleurs, de nouvelles aires protégées viennent d'être créées dans le Suriname voisin, qui borde la Guyane française à l'Ouest.
Illustration : Jaguar Panthera onca, un des habitants les plus charismatiques de la forêt guyanaise (photographié ici au Zooparc de Beauval/Centre-Val de Loire). Photo Alexis VERNIER.
Au Cap-Vert, les plages de l'île de Boa Vista ont vu leur population de Tortues caouannes Caretta carettamultipliée par 80 sur les 27 dernières années (période 1998-2024), grâce aux mesures de protection assurées par les locaux en faveur des reptiles et de leur habitat. Les habitants ont en effet mis en place une surveillance des nids, tandis que les tortues sont devenues une "attraction" prisée des voyageurs qui visitent cet archipel ouest-africain.
La densité des pontes de tortues y atteint désormais des records mondiaux, atteignant 22.000 nids par kilomètre de plage (en comparaison les plus grands sites connus, en Floride et au Sultanat d'Oman, n'ont "que" 600 nids par kilomètre de plage).
La Tortue caouanne, qui vit dans toutes les mers tropicales et subtropicales du Monde, est classée comme une espèce "vulnérable" depuis 2015, après avoir été classée "en danger" durant deux décennies. Si certaines des menaces qu'elle subit sont globales (destruction des habitats, pollution, changement climatique...), ce statut de conservation cache en réalité de fortes différences d'un bassin océanique à un autre : les populations des rives occidentales de l'Atlantique (Amérique du Nord et du Sud, Caraïbes), du Pacifique Nord et de Méditerranée sont considérées comme peu menacées, tandis que celles du Nord-Ouest de l'Océan Indien et du Pacifique Sud ont un statut "en danger critique". L'augmentation numérique des Tortues capverdiennes est d'autant plus intéressante que les populations de l'Atlantique Nord-Est ont été considérées jusqu'à récemment comme "en danger"...
Elle est assez fréquente dans les zoos et aquariums publics, qui la reproduisent peu mais qui recueillent souvent des animaux blessés ou mutilés, dont la présence sensibilise le public à la protection de l'Océan... On compte (source : Zootierliste, données de sept. 2026) 42 collections qui en ont en Europe - dont 7 en France -, 47 en Amérique du Nord et aux Caraïbes, 2 en Amérique du Sud (Colombie), 3 en Afrique (Afrique du Sud et Tunisie), 37 en Asie (principalement au Japon) et 2 en Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande).
Petit État des Balkans, le Monténégro vient d'adopter une proposition de loi intégrant la moitié des espaces terrestres et marins au réseau européen "Natura 2000" (pour rappel le pays n'est même pas membre de l'Union européenne à l'heure actuelle).
Le gouvernement monténégrin projette la création de près de 100 sites protégés dont 7 en mer.
Ce pays est riche en faune, la gent ailée est notamment bien représentée avec des espèces comme le Pélican frisé Pelecanus crispus (une espèce eurasienne quasi-menacée mondialement, qui rencontre dans ce pays l'extrémité occidentale de son aire de répartition) et le Cormoran pygmée Microcarbo pygmeus sur le lac de Skadar (frontalier avec l'Albanie), ou encore l'Aigle royal Aquila chrysaetos dans les montagnes.
La protection du patrimoine naturel, qui sécurisera toute une gamme d'activités allant du tourisme à la sylviculture, est une opportunité pour l'avenir de ce pays candidat à l'adhésion à l'Union européenne.
Je ne manquerai pas de vous tenir informés des avancées futures de la protection de la nature dans ce pays et plus généralement dans les Balkans.
Une nouvelle aire protégée instituée sur plus de 5.660 ha près de Sao Paulo (refuge de faune sauvage de Salesópolis) préserve désormais un des derniers fragments de la Forêt Atlantique (Mata Atlantica, qui s'étendait jadis sur toute la bande côtière atlantique du Brésil mais qui a subi une déforestation précoce) et des espèces rares notamment une endémique, le Grisin des marais Formicivora paludicola, un passereau découvert seulement en 2004 et classé "en danger critique d'extinction", qui compterait au maximum 700 individus dans le milieu naturel. La faune ailée compte aussi d'autres raretés : le Sporophile à front blanc Sporophila frontalis (classé "vulnérable", comptant moins de 10.000 individus matures, présent au Sud du Brésil, au Paraguay et au Nord de l'Argentine) et la Buse couronnée Buteogallus coronatus (une espèce "en danger" que l'on trouve sur une aire de répartition assez vaste, incluant la moitié Sud du Brésil, la moitié Nord de l'Argentine, le Paraguay et une partie de la Bolivie, mais incroyablement rare avec moins de 2.000 individus matures mondialement).
C'est la 2ème aire protégée à être créée pour le Grisin des marais, la première étant le refuge de vie sauvage de Bicudinho (NDLR : le nom de cet oiseau en brésilien) qui recouvre environ 2.370 ha.
Le Grisin des marais est a priori absent de tout parc zoologique ou élevage en captivité, comme un grand nombre des membres de sa famille (Thamnophilidés), peu attractifs et difficiles à élever et reproduire.
Dans la région de Potosi (extrême Sud de la Bolivie), jadis connue pour la richesse de ses mines (sur-)exploitées à l'époque coloniale, deux aires protégées (Rio Chilenas et Ciudad Roma) totalisant près de 168.000 ha viennent d'être instituées, sauvegardant l'habitat d'un grand nombre d'espèces de haute montagne parmi lesquelles le Chat des Andes (Leopardus jacobita, restreint à quelques habitats fragmentés dans les Andes centrales et méridionale, et classé "en danger" avec à peine plus de 2.000 individus matures), des oiseaux comme le Flamant du Chili (Phoenicopterus chilensis, "quasi-menacé" bien qu'encore assez nombreux avec 300.000 individus nichant principalement au Chili, en Argentine et en Bolivie, avec quelques déplacements occasionnels dans les pays voisins) et le Condor des Andes (Vultur gryphus, classé "vulnérable" depuis 2020 avec une population assez nombreuse comportant 6.700 individus matures mais sujette à des persécutions de la part des éleveurs de bétail). La région est aussi habitée par des espèces moins menacées mais emblématiques des hauts plateaux andins comme la Vigogne (Vicugna vicugna), le Viscache des montagnes (Lagidium viscacia, un gros rongeur apparenté au chinchilla), le Renard des Andes ou Culpeau (Lycalopex culpaeus) et le Nandou de Darwin (Rhea pennata).
La protection de ces espaces est aussi bénéfique aux communautés amérindiennes Lliphi qui habitent cette région depuis longtemps, et aussi à la ressource en eau, plusieurs rivières prenant leur source dans la région, contre des activités nocives pour l'environnement comme l'exploitation minière et la chasse abusive.
Par ailleurs ces espaces sont contigus à d'autres aires protégées, certaines renommées internationalement comme la Laguna Colorada, désignée comme site Ramsar et visitée par les touristes pour ses colonies de Flamants et la beauté surréaliste de ses paysages. Ils abritent aussi des sites archéologiques comme des tours funéraires appelées chullpas.
Unique en son genre et animal emblématique de l'Ouest de l'Australie, le Numbat ou Fourmilier marsupial Myrmecobius fasciatus fait son retour, grâce aux mesures de protection.
Il a récemment été reclassé de la catégorie d'espèce "en danger" vers celle d'espèce "quasi-menacée".
Cet animal jadis présent dans tout le tiers Sud-Ouest de l'Australie revient de très loin : dans les années 1970, seuls 300 individus survivaient, rescapés des prédateurs introduits comme le Chat domestique ou le Renard roux, de la destruction de son habitat et des feux de forêt.
Aujourd'hui ce sont 2.000 à 3.000 individus matures qui vivent dans la nature, principalement dans des zones protégées d'où les prédateurs ont été éliminés, grâce à l'action des autorités publiques, d'établissements comme le Zoo de Perth (qui a eu un rôle déterminant dans la restauration de l'espèce) et de volontaires citoyens, entre autres.
Des populations ont été réintroduites dans d'autres États australiens : Australie méridionale et Nouvelles-Galles-du-Sud. 2 parcs zoologiques australiens en ont (source : Zootierliste, données d'août 2026) dont celui de Perth.
La création de nouveaux foyers de population est indispensable à la résilience de l'espèce, par exemple en cas de catastrophe qui frapperait l'un des sites où il habite.
Plus de 1.900 ha de forêts de Pins de Caroline Pinus echinata et autres essences viennent d'être protégés sur 2 sites différents près de Birmingham (Alabama), sécurisant notamment l'approvisionnement en eau. Les lieux sont également appréciés pour la randonnée et autres activités de plein air.
La Colombie-Britannique a placé sous protection environ 450 km² d'habitats subarctiques situés au Nord-Est de cette province à la limite de l'Alberta, dite aire protégée "K'ih tsaaʔdze", ce site est le lieu de vie d'une population de Caribous et également un lieu d'importance culturelle pour plusieurs communautés amérindiennes.
En Écosse, un projet de restauration des populations de reptiles est en cours dans les tourbières des Dumfries, sur les 508 ha que compte la réserve de Longbridge Muir. Des gîtes d'hivernage sont aménagés à travers les landes pour offrir un habitat aux Vipères péliades Vipera berus, Orvets Anguis fragilis et autres Lézards vivipares Zootoca vivipara. La réalisation du projet est prévue sur 3 ans.
Ce site longtemps malmené par les travaux de drainage est désormais reconnu comme une zone humide d'importance internationale, et sa restauration est bénéfique à la biodiversité, mais aussi au cycle de l'eau et au stockage du carbone (services écosystémiques).