Le gouvernement néerlandais envisage la création d'une nouvelle zone Natura 2000 sur le littoral de la Mer du Nord, pour sauvegarder notamment les populations d'oiseaux migrateurs qui viennent s'y alimenter, sur leur trajet entre l'Europe scandinave et arctique et les régions méditerranéennes et afro-tropicales. La zone est spécifiquement fréquentée par des Mouettes pygmées Hydrocoloeus (Larus) minutus, des Goélands bruns Larus fuscus et des Sternes pierregarins Sterna hirundo.
Les premières ne se reproduisent qu'en Europe du Nord et de l'Est (Finlande, Russie, Suède et Estonie notamment), les autres espèces nichent également en Europe de l'Ouest (France incluse).
Je vous tiendrai informés, autant que possible, des futures étapes de la création de cette nouvelle aire protégée.
Environ 365 ha de forêts, zones humides, falaises et cours d'eau viennent d'être protégés dans le secteur de Wolf Ridge près des rivages du Lac Supérieur (Minnesota) au Nord des Etats-Unis. Ces habitats sont fréquentés par un grand nombre d'espèces dont certaines fort remarquables : Élan, Ours noir américain, Loup gris, Martres américaines, Castors canadiens, Pygargues à tête blanche, Faucons pèlerins, etc... Leur protection est également importante pour la conservation des ressources naturelles notamment l'eau, et pour la (re-)connexion du public et spécialement des jeunes avec la nature.
Pour la première fois depuis une dizaine d'années, le gouvernement malgache a institué en juin dernier une nouvelle aire protégée dans les forêts de montagne de Tsinjoarivo, qui recouvre plus de 26.500 ha.
Cette aire protégée dont la conservation est assurée par les communautés locales, les autorités publiques et les ONG dans le cadre de partenariats, s'inscrit dans les objectifs du cadre de "Kunming-Montréal" qui vise à protéger 30% des espaces terrestres et marins de chaque nation.
Elle est le refuge de plusieurs espèces de lémuriens dont certains en danger critique : le Chirogale de SibreeCheirogaleus sibreei (restreint à de minuscules zones du Centre de Madagascar), le Propithèque à diadèmePropithecus diadema et le Maki variVarecia variegata (animal communément élevé et reproduit en zoo mais extrêmement rare dans la nature).
J'espère vous apporter d'autres bonnes nouvelles en provenance de Madagascar dans les mois et années à venir, restez informés...
En Alabama, la réserve de "Turkey Creek" s'agrandit d'environ 133 ha, elle s'étend désormais sur plus de 400 ha. Ce site est apprécié par les randonneurs, mais il est aussi couvert de forêts de chênes matures et, plus encore, il s'agit du seul habitat connu du poisson Etheostoma chermocki, une espèce en danger critique dont la population globale est comprise entre 1.000 et 3.000 spécimens (et totalement inexistante en zoo, aquarium ou élevage conservatoire).
Une nouvelle aire protégée sous gestion indigène (après de nombreuses autres initiatives relayées dans ce blog : Matuwa Matuwa Kurrara en 2023, Talaroo au Queensland en 2025, etc...) voit le jour en Australie : cette fois, c'est en Terre d'Arnhem (Territoire du Nord), sur un territoire de plus de 1,6 million d'hectares.
Cet espace est important à la fois pour le patrimoine culturel aborigène, et pour la biodiversité avec de nombreuses espèces dont certaines menacées ou rares : le Chat marsupial du Nord Dasyurus hallucatus (considéré comme en danger depuis 2008), le Diamant de Gould Chloebia gouldiae (n'est plus considéré comme menacé grâce aux mesures de protection, mais fut classé en danger jusqu'en 2012... cet oiseau est également connu et populaire comme oiseau de volière) ou le Poisson-scie commun Pristis pristis (espèce intertropicale en danger critique malgré son nom, l'Australie étant un bastion pour elle car la pêche y est davantage régulée).
Les Aborigènes de l'ethnie Mimal, qui ont la charge de gérer le site, sont impliqués dans la protection de l'environnement local depuis les années 1990 (de manière officielle, bien évidemment sans compter les savoirs coutumiers...).
La protection du site s'inscrit dans le cadre dit "de Kunming-Montréal" par lequel la majorité des États du Monde s'est engagée à protéger 30% de leurs espaces terrestres et marins. Actuellement, la part protégée des terres australiennes représente un peu moins de 25% des terres émergées du pays.
La protection continue de ce grand parc est un des succès les plus remarquables de la sauvegarde de la nature en Afrique (curieusement, il n'en avait jamais été question sur ce blog depuis sa création...), et ceci en dépit de maintes crises politiques en Afrique du Sud et au voisinage (notamment la guerre civile mozambicaine des années 1970-90).
Aujourd'hui la protection de ce parc rayonne directement sur son voisinage : Mozambique et Zimbabwe, qui bénéficient du retour de la faune sauvage que la Kruger avait réussi à préserver.
Une ONG aborigène (le conseil tribal de Nari Nari) vient d'acquérir environ 33.000 ha dans le bassin Murray-Darling (Sud de l'Australie), comprenant une grande partie des marais du Grand Cumbung.
Cet espace combine des plans d'eau, des roselières et des forêts de Gommiers (Eucalyptus) rouges Eucalyptus camaldulensis.
Plus encore, il accueille environ 11.500 oiseaux aquatiques migrateurs par an, dont des espèces menacées comme le Butor d'Australie Botaurus poiciloptilus, une espèce vulnérable (après avoir été classée en danger sur la période 2000-2022) avec une population globale faible (légèrement supérieure à 1 millier d'individus adultes) native du Sud de l'Australie, de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande. De même on trouve des poissons comme la Morue de Murray Maccullochella peelii (n'est plus classée comme menacée aujourd'hui grâce aux mesures de protection, mais ce grand poisson natif du Sud-Est australien fut considéré "en danger critique d'extinction" entre 1996 et 2019 !!!) et la Grenouille Dryopsophus (Litoria) raniformis (endémique du Sud-Est de l'Australie et introduite en Nouvelle-Zélande, classée "vulnérable" aujourd'hui mais fut considérée en danger entre 1996 et 2022, semble répondre favorablement aux mesures de protection).
Le site fut longtemps dégradé par les déboisements, le pâturage et les prélèvements d'eau, mais un processus de restauration écologique a été amorcé depuis 2019.
Pour la première fois depuis des dizaines d'années, des chauves-souris de l'espèce Hipposideros curtus (Phyllorhines à queue courte), ont été retrouvées au Nigeria, plus précisément dans la réserve du Mont Afi.
Cette espèce, classée "en danger" depuis 2020, était suspectée comme éteinte au Nigeria depuis les années 1970 ; dans les autres pays de son aire de répartition (Cameroun et Guinée équatoriale) son statut paraît pratiquement aussi critique, puisque les colonies historiquement connues avaient été détruites dans les années 2010 (on peut toutefois supposer que ces régions d'Afrique centrale sont très largement sous-prospectées par les zoologues et que l'espèce est encore présente...). Évidemment cette espèce n'a jamais été élevée en zoo ou refuge animalier, comme c'est le cas pour la très grande majorité des espèces de chauves-souris de la planète.
La réserve du Mont Afi est connue pour des espèces plus charismatiques comme les Gorilles de la Rivière Cross, les Drills, les Picathartes (oiseaux cavernicoles), tous rares et menacés dans leur habitat naturel, mais elle offre un refuge à bien d'autres espèces plus modestes et qui n'attirent pas l'attention, mais tout aussi rares.
Les zoologues espèrent que, comme pour les grands mammifères, la perception du public pour les chauves-souris va s'améliorer grâce à cette découverte (actuellement les chauves-souris sont chassées pour la viande au Nigeria, en plus de subir les feux de forêt et de brousse, d'être associées à la sorcellerie, et plus récemment d'être suspectées de transporter des maladies comme les virus Ebola ou Covid-19).
Depuis quelques années, des zoologues nigérians comme Mme Iroro Tanshi ont lancé des campagnes pour protéger les chauves-souris et autres petits mammifères (non directement liées aux Phyllorhines à queue courte), par exemple en accompagnant les agriculteurs dans leurs opérations de brûlis pour éviter la propagation des feux dans les espaces naturels. Cela a valu à Mme Tanshi de recevoir le Prix Goldman de l'environnement (un prix qui est décerné annuellement aux meilleures initiatives de protection de l'environnement à travers le Monde) en avril dernier, ainsi que d'autres récompenses.
Je tâcherai de vous donner d'autres nouvelles concernant la protection de cette espèce dans les mois et années à venir.
Dans la région de Kimberley (Nord-Ouest de l'Australie), une nouvelle aire marine et (partiellement) terrestre protégée sous contrôle indigène vient d'être créée, la réserve Karajarri Jurarr Ngurra qui comme son nom l'indique sera gérée par le peuple Karajarri.
Cette aire protégée, dont la création est l'aboutissement d'une trentaine d'années d'efforts, est importante pour la conservation d'un grand nombre d'espèces dont la Tortue plate Natator depressus, une tortue marine qui ne se reproduit que dans la partie tropicale du littoral australien avec une présence (en tant que non-reproductrice) dans les eaux des pays voisins comme l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les poissons-scies, de nombreux oiseaux migrateurs, etc...
La création de cette réserve s'inscrit dans la politique partagée par l'Australie et de nombreuses autres nations, de protéger à l'horizon 2030 30% de leurs espaces terrestres et marins (cadre de "Kunming-Montréal").
La transmission des missions de protection et de contrôle des espaces aux communautés locales est souvent efficaces, car elle permet de s'approprier les politiques de protection et d'y adhérer (davantage que si la protection dépend d'un gouvernement central ou étranger, ignorant des réalités locales). De très nombreux articles y sont consacrés sur ce blog.
Après plusieurs dizaines d'années de recul, les mangroves regagnent du terrain, et deviennent aussi plus denses à travers les zones intertropicales.
Désormais les gains nets surpassent les pertes, et ceci depuis une vingtaine d'années. Ce blog a eu l'occasion de relater à de nombreuses reprises des projets de protection et de restauration de mangroves en Asie, en Amérique latine, et même au Moyen-Orient (Emirats arabes unis) !
Les mangroves jouent un rôle très important dans les régions côtières des tropiques, en stockant le carbone, en dépolluant les sols, en préservant les communautés littorales des tempêtes, ouragans et phénomènes de submersion marine, et bien entendu en servant de nurserie aux poissons, crustacés et autres espèces d'importance commerciale.
Il semblerait que le tsunami de 2004 ait joué un rôle de déclencheur dans la conservation des mangroves auprès des décideurs politiques et économiques, les îles et côtes bordées de mangrove ayant été préservées au contraire de celles où la mangrove avait été défrichée.