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Le blog de la refaunation

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18 septembre 2026

AUSTRALIE - Une organisation aborigène acquiert une zone humide (marais du Grand Cumbung, 33.000 ha)

Une ONG aborigène (le conseil tribal de Nari Nari) vient d'acquérir environ 33.000 ha dans le bassin Murray-Darling (Sud de l'Australie), comprenant une grande partie des marais du Grand Cumbung.

Cet espace combine des plans d'eau, des roselières et des forêts de Gommiers (Eucalyptus) rouges Eucalyptus camaldulensis.

Plus encore, il accueille environ 11.500 oiseaux aquatiques migrateurs par an, dont des espèces menacées comme le Butor d'Australie Botaurus poiciloptilus, une espèce vulnérable (après avoir été classée en danger sur la période 2000-2022) avec une population globale faible (légèrement supérieure à 1 millier d'individus adultes) native du Sud de l'Australie, de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande. De même on trouve des poissons comme la Morue de Murray Maccullochella peelii (n'est plus classée comme menacée aujourd'hui grâce aux mesures de protection, mais ce grand poisson natif du Sud-Est australien fut considéré "en danger critique d'extinction" entre 1996 et 2019 !!!) et la Grenouille Dryopsophus (Litoria) raniformis (endémique du Sud-Est de l'Australie et introduite en Nouvelle-Zélande, classée "vulnérable" aujourd'hui mais fut considérée en danger entre 1996 et 2022, semble répondre favorablement aux mesures de protection).

Le site fut longtemps dégradé par les déboisements, le pâturage et les prélèvements d'eau, mais un processus de restauration écologique a été amorcé depuis 2019.

Source : Mongabay

Illustration : la Grenouille Dryopsophus (Litoria) raniformis, photographiée ici en Tasmanie. Photo Tnarg 12345 / Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0.

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16 septembre 2026

NIGERIA - Redécouverte d'une chauve-souris disparue

Pour la première fois depuis des dizaines d'années, des chauves-souris de l'espèce Hipposideros curtus (Phyllorhines à queue courte), ont été retrouvées au Nigeria, plus précisément dans la réserve du Mont Afi.

Cette espèce, classée "en danger" depuis 2020, était suspectée comme éteinte au Nigeria depuis les années 1970 ; dans les autres pays de son aire de répartition (Cameroun et Guinée équatoriale) son statut paraît pratiquement aussi critique, puisque les colonies historiquement connues avaient été détruites dans les années 2010 (on peut toutefois supposer que ces régions d'Afrique centrale sont très largement sous-prospectées par les zoologues et que l'espèce est encore présente...). Évidemment cette espèce n'a jamais été élevée en zoo ou refuge animalier, comme c'est le cas pour la très grande majorité des espèces de chauves-souris de la planète.

La réserve du Mont Afi est connue pour des espèces plus charismatiques comme les Gorilles de la Rivière Cross, les Drills, les Picathartes (oiseaux cavernicoles), tous rares et menacés dans leur habitat naturel, mais elle offre un refuge à bien d'autres espèces plus modestes et qui n'attirent pas l'attention, mais tout aussi rares.

Les zoologues espèrent que, comme pour les grands mammifères, la perception du public pour les chauves-souris va s'améliorer grâce à cette découverte (actuellement les chauves-souris sont chassées pour la viande au Nigeria, en plus de subir les feux de forêt et de brousse, d'être associées à la sorcellerie, et plus récemment d'être suspectées de transporter des maladies comme les virus Ebola ou Covid-19).

Depuis quelques années, des zoologues nigérians comme Mme Iroro Tanshi ont lancé des campagnes pour protéger les chauves-souris et autres petits mammifères (non directement liées aux Phyllorhines à queue courte), par exemple en accompagnant les agriculteurs dans leurs opérations de brûlis pour éviter la propagation des feux dans les espaces naturels. Cela a valu à Mme Tanshi de recevoir le Prix Goldman de l'environnement (un prix qui est décerné annuellement aux meilleures initiatives de protection de l'environnement à travers le Monde) en avril dernier, ainsi que d'autres récompenses.

Je tâcherai de vous donner d'autres nouvelles concernant la protection de cette espèce dans les mois et années à venir.

Source : The Guardian

Illustration : vol de chauves-souris (roussettes) dans le vent d'harmattan au Nigeria. Photo Kambai AKAU / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.

15 septembre 2026

AUSTRALIE - Une nouvelle aire marine protégée sous contrôle indigène

Dans la région de Kimberley (Nord-Ouest de l'Australie), une nouvelle aire marine et (partiellement) terrestre protégée sous contrôle indigène vient d'être créée, la réserve Karajarri Jurarr Ngurra qui comme son nom l'indique sera gérée par le peuple Karajarri.

Cette aire protégée, dont la création est l'aboutissement d'une trentaine d'années d'efforts, est importante pour la conservation d'un grand nombre d'espèces dont la Tortue plate Natator depressus, une tortue marine qui ne se reproduit que dans la partie tropicale du littoral australien avec une présence (en tant que non-reproductrice) dans les eaux des pays voisins comme l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les poissons-scies, de nombreux oiseaux migrateurs, etc...

La création de cette réserve s'inscrit dans la politique partagée par l'Australie et de nombreuses autres nations, de protéger à l'horizon 2030 30% de leurs espaces terrestres et marins (cadre de "Kunming-Montréal").

La transmission des missions de protection et de contrôle des espaces aux communautés locales est souvent efficaces, car elle permet de s'approprier les politiques de protection et d'y adhérer (davantage que si la protection dépend d'un gouvernement central ou étranger, ignorant des réalités locales). De très nombreux articles y sont consacrés sur ce blog.

Source : Mongabay

Illustration : Tortue plate Natator depressus en ponte sur une plage d'Australie. Photo Hugo INNES / CC BY 4.0.

14 septembre 2026

INTERNATIONAL - Les mangroves contre-attaquent

Après plusieurs dizaines d'années de recul, les mangroves regagnent du terrain, et deviennent aussi plus denses à travers les zones intertropicales.

Désormais les gains nets surpassent les pertes, et ceci depuis une vingtaine d'années. Ce blog a eu l'occasion de relater à de nombreuses reprises des projets de protection et de restauration de mangroves en Asie, en Amérique latine, et même au Moyen-Orient (Emirats arabes unis) !

Les mangroves jouent un rôle très important dans les régions côtières des tropiques, en stockant le carbone, en dépolluant les sols, en préservant les communautés littorales des tempêtes, ouragans et phénomènes de submersion marine, et bien entendu en servant de nurserie aux poissons, crustacés et autres espèces d'importance commerciale.

Il semblerait que le tsunami de 2004 ait joué un rôle de déclencheur dans la conservation des mangroves auprès des décideurs politiques et économiques, les îles et côtes bordées de mangrove ayant été préservées au contraire de celles où la mangrove avait été défrichée.

Source : Yahoo

Illustration : forêt de mangrove et plage au Mexique. Photo Cvmontuy / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.

12 septembre 2026

CANADA - De nouvelles zones humides protégées dans le Manitoba

Le réseau d'aires protégées du Manitoba (Centre-Ouest du Canada) s'étoffe le long de la rivière Assiniboine avec la création de 5 nouvelles zones protégées, qui accueillent une faune variée : hérons, castors, cerfs et même ours. Les espèces pollinisatrices, également utiles à l'agriculture, y sont bien présentes elles aussi.

Outre la protection de la faune, les aires protégées remplissent d'autres fonctions : maîtrise du cycle de l'eau, prévention des inondations et des désordres climatiques, reconnexion des populations urbaines avec la nature, sensibilisation à la protection de l'environnement, etc...

Le souvenir des anciennes nations indigènes qui fréquentaient historiquement le secteur est aussi rappelé.

Source : https://www.cbc.ca/news/canada/manitoba/brandon-protected-conserved-areas-network-9.7245016

Illustration : Sterne de Forster au Manitoba. Photo Krazytea / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.

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10 septembre 2026

AUSTRALIE - Un milliardaire crée une réserve forestière sur 7.000 ha

Un milliardaire australien a racheté un domaine de 7.000 ha près de Port Macquarie en Nouvelles-Galles-du-Sud (Sud-Est de l'Australie), pour le consacrer à la protection de la nature. Ce terrain est relié à plusieurs aires protégées déjà existantes, ce qui accroît sa connectivité écologique et la résilience de la vie sauvage par rapport aux calamités comme les feux de forêt.

Cet espace est riche en espèces dont certaines menacées comme le Koala Phascolarctos cinereus (considéré comme vulnérable depuis 2014), le Phalanger volant Petauroides volans (en danger depuis 2024), le Chat marsupial à queue tachetée Dasyurus maculatus (quasi-menacé depuis 2008, auparavant vulnérable), le Cacatoès de Latham Calyptorhynchus lathami (vulnérable depuis 2021)...

Il fera l'objet de travaux de restauration écologique notamment pour éliminer les végétaux et animaux invasifs, prévenir les risques d'incendie et étudier la population des Koalas, qui est potentiellement une des plus grandes de cet État australien.

Je tâcherai de vous tenir informés des suites données à ce projet.

Source : https://www.thecooldown.com/outdoors/billionaire-donates-convert-cattle-land-wildlife-refuge/

Illustration : Koala Phascolarctos cinereus au Zooparc de Beauval (Centre-Val de Loire, France). Photo Alexis VERNIER.

8 septembre 2026

CANADA - Les cétacés reviennent dans les eaux de Vancouver

Les populations de plusieurs espèces de mammifères marins (Baleine à bosse, Orque...) se réinstallent progressivement dans les eaux de la mer de Salish, autour de Vancouver (côte pacifique canadienne). Ces animaux sont de plus en plus souvent observés par les touristes (qui viennent parfois pour les observer), par les résidents et par les scientifiques.

Ces espèces avaient dangereusement diminué au siècle dernier, sous l'effet de la chasse commerciale, puis de la pollution et des dérangements en mer.

L'application des législations de protection de l'environnement (et des traités internationaux, la mer ne connaissant pas de frontière, par exemple les Baleines à bosse se déplacent annuellement depuis les latitudes polaires jusqu'aux tropiques) et de manière générale la meilleure gestion des espaces marins, ont contribué à les favoriser, ce qui est bon pour les cétacés mais aussi pour l'ensemble de l'écosystème et des créatures qui en dépendent, humains inclus.

Source : https://urbananews.ca/whales-make-remarkable-return-to-vancouver-waters/

Illustration : Baleine à bosse devant l'île de Moorea, en Polynésie française. Photo Charles J. SHARP / Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0.

6 septembre 2026

ETATS-UNIS - Le Zoo du Minnesota réintroduit des papillons menacés

Le Zoo du Minnesota a réintroduit en juillet près de 1.500 Hespéries de Poweshiek Oarisma powesheik, un petit papillon originaire des Grandes Plaines nord-américaines et aujourd'hui considéré comme une des espèces de papillon les plus menacées de ce continent !

Autrefois il passait pour très commun. Aujourd'hui l'espèce est classée "en danger critique" (statut officiellement retenu depuis 2019) et ne compte plus que quelques petites populations isolées au Manitoba (Canada) et au Michigan (Etats-Unis), comptant moins de 1.000 spécimens d'après les estimations réalisées dans les années 2010 !

Fait remarquable pour un insecte, des zoos des Etats-Unis (Zoos du Minnesota et John Ball) et du Canada (Zoo d'Assiniboine) ont uni leurs efforts pour sauvegarder et réintroduire l'espèce (un exemple à suivre par les temps qui courent, à plus forte raison !). Le programme a débuté en 2012, il a déjà conduit à la réintroduction de plusieurs milliers de papillons dans les prairies américaines, et aujourd'hui on peut même considérer que toute la population encore présente aux Etats-Unis doit son existence à la réalisation de ce programme. Les populations réintroduites semblent s'être bien réadaptées à leur nouveau milieu.

Je ne manquerai pas de vous tenir informés des futures avancées de ce programme. A bientôt!

Source : https://www.cbsnews.com/minnesota/news/minnesota-zoo-endangered-butterfly-recovery-efforts/

Illustration : la rarissime Hespérie de Poweshiek Oarisma poweshiek. Photo Skyler Principe / Creative Commons Attribution 4.0.

5 septembre 2026

SLOVENIE - Création d'une nouvelle aire protégée régionale

La Slovénie vient de créer un nouveau parc régional, le Parc régional de Snežnik, dans le Sud du pays, aux limites des mondes alpin, balkanique et méditerranéen. Culminant à 1.796 mètres au-dessus du niveau de la mer, il s'agit du 5ème parc régional à être créé dans ce pays. Il couvre 22.000 ha environ, ce qui représente 1% du territoire slovène.

On y trouve des écosystèmes variés notamment des forêts tempérées mixtes, des grottes karstiques (plus de 300 !) et, du côté de la faune, les 3 espèces de grands carnivores d'Europe centrale : l'Ours brun (Ursus arctos), le Loup gris (Canis lupus), le Lynx d'Europe (Lynx lynx). La création du parc sera favorable à l'écotourisme et aux activités pastorales.

Le projet de protection du site est très vieux : il date de 1907, sous l'impulsion du naturaliste slovène Albin Belar, longtemps avant l'avènement de la Slovénie en tant que nation indépendante et même de son prédécesseur géopolitique, la Yougoslavie.

Source : https://sloveniatimes.com/48044/new-regional-park-established-to-protect-ancient-forests-and-prairies

Illustration : Lynx des Carpates (Lynx lynx) au Zoo d'Innsbruck en Autriche. Photo Wilfredor / Wikimedia Commons.

4 septembre 2026

GUYANE FRANCAISE - Plus de 150.000 ha protégés

Le 8 juin 2026, la Guyane française a vu la création d'une nouvelle aire protégée, la réserve biologique intégrale des Pitons rocheux de l'Armontabo, qui s'étend sur 156 290 ha de forêts tropicales parmi les mieux conservées au Monde (comme c'est le cas du plateau guyanais pris au sens large) et les plus riches en biodiversité, parsemées de blocs rocheux (inselbergs) qui surplombent la forêt, formant des espaces comparables à des îles.

Le patrimoine présent dans cette réserve comprend plusieurs sites archéologiques amérindiens et coloniaux (ancienne distillerie d'essence de bois de rose). La faune comporte notamment plusieurs espèces de grands mammifères (Jaguar, Loutre géante...), une bonne diversité de chauves-souris et d'amphibiens notamment dans la famille des Grenouilles de verre Centrolenidae, et des centaines d'espèces d'oiseaux.

La protection de ce site s'inscrit dans le programme français de placer 10% du territoire national sous un statut de protection forte.

Par ailleurs, de nouvelles aires protégées viennent d'être créées dans le Suriname voisin, qui borde la Guyane française à l'Ouest.

Sources : ONFGood News Network

Illustration : Jaguar Panthera onca, un des habitants les plus charismatiques de la forêt guyanaise (photographié ici au Zooparc de Beauval/Centre-Val de Loire). Photo Alexis VERNIER.

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