La Colombie-Britannique a placé sous protection environ 450 km² d'habitats subarctiques situés au Nord-Est de cette province à la limite de l'Alberta, dite aire protégée "K'ih tsaaʔdze", ce site est le lieu de vie d'une population de Caribous et également un lieu d'importance culturelle pour plusieurs communautés amérindiennes.
En Écosse, un projet de restauration des populations de reptiles est en cours dans les tourbières des Dumfries, sur les 508 ha que compte la réserve de Longbridge Muir. Des gîtes d'hivernage sont aménagés à travers les landes pour offrir un habitat aux Vipères péliades Vipera berus, Orvets Anguis fragilis et autres Lézards vivipares Zootoca vivipara. La réalisation du projet est prévue sur 3 ans.
Ce site longtemps malmené par les travaux de drainage est désormais reconnu comme une zone humide d'importance internationale, et sa restauration est bénéfique à la biodiversité, mais aussi au cycle de l'eau et au stockage du carbone (services écosystémiques).
En juin dernier, je vous avais informé de l'engagement de 3 gouvernements de l'Océan Pacifique (Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Fidji et Vanuatu) pour créer une gigantesque "méta-réserve" sur 6 millions de km² dans leur merritoire.
Aujourd'hui un quatrième gouvernement s'est joint à leur initiative, celui des îles Salomon ; il s'agirait dans ce cas davantage d'un "corridor d'aires protégées" que d'une grande portion de merritoire protégé d'un seul tenant. Elle s'inscrit dans un réseau d'aires marines protégées récemment créées ou en cours de création : réserve marine de West Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée sur 214.000 km² (une surface équivalente à celle de la Grande-Bretagne !), réserve de Torba au Vanuatu sur 71.000 km², etc... et dans le cadre de l'initiative internationale dite "de Kunming-Montréal" qui vise à la protection de 30% des espaces marins et terrestres de chaque nation d'ici 2030, nombre d'entre elles s'y étant ralliées.
Toutefois les contours exacts de cette "méta-aire protégée", la planification de sa création, des mesures de protection qui y seront appliquées (et qui pourraient même s'étendre aux eaux internationales...) et de l'association des citoyens et des communautés (qui appliquent souvent des règles de protection coutumières comme le tapu, à l'origine du mot français "tabou"...) restent encore à définir.
Située dans le quart Sud-Ouest du Pacifique, la Mélanésie est une sous-région de l'Océanie qui inclut aussi partiellement des États asiatiques (Indonésie) et aussi certaines collectivités françaises d'Outre-Mer (Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna...), et un "point chaud" de biodiversité avec 75% des espèces de corail connues, des requins, des raies, des dugongs, des baleines, etc... et chaque année de nouvelles espèces y sont découvertes.
La création d'un réseau d'aires protégées pose des défis (notamment le risque de déboucher sur des "réserves de papier" ne donnant lieu à aucune application concrète), mais elle est aussi une opportunité pour la sauvegarde des espèces marines migratrices, dont le cycle de vie déborde souvent les limites des aires protégées conventionnelles et des juridictions nationales.
Je vous tiendrai informés de toute avancée concernant ce projet.
Depuis le 11 juin, le département de Pasco (Centre du Pérou) accueille une nouvelle aire protégée sur 13.734 ha dite "Aire de conservation de Chontabamba Huancabamba". Cette aire de forêts tropicales d'altitude est essentielle pour l'approvisionnement en eau des vallées situées en contrebas (essentielle à la consommation humaine et à l'agriculture), avec les hauts bassins de plusieurs rivières.
Elle est le lieu de vie de 100 espèces connues d'oiseaux dont l'emblématique Coq de roche du Pérou Rupicola peruvianus (présent tout au long de la partie Nord des Andes et non-menacé à l'échelle globale, mais oiseau symbole du Pérou), et aussi de mammifères peu communs comme le Puma Puma concolor et l'Ours à lunettes Tremarctos ornatus (celui-ci classé "vulnérable" à l'échelle mondiale depuis 1982 au moins, avec une population inférieure à 10.000 individus matures et en déclin, il s'agit aussi du seul Ours sud-américain).
La protection de cet espace offre aussi des opportunités en matière d'écotourisme et de recherche écologique.
Dans le massif des Adirondacks (Nord-Est de l’État de New York), environ 967 ha viennent d'être protégés sur la Montagne Drake. L'espace nouvellement protégé comporte notamment plus de 10 kilomètres de ruisseaux, 12 plans d'eau et environ 50 ha de zones humides.
On y trouve notamment une colonie nicheuse de Grands hérons Ardea herodias, grand cousin du Héron cendré, vivant Outre-Atlantique. Cette espèce est commune sur à peu près tout le continent nord-américain avec des populations nicheuses jusqu'au Sud du Mexique et à Cuba, et même (plus bizarrement) aux îles Galapagos. En hivernage on peut en rencontrer jusqu'aux Caraïbes, au Venezuela et en Colombie.
Localement disparu depuis 10 ans, le Vautour chaugoun Gyps bengalensis a été retrouvé dans la réserve de Lomphat au Cambodge, sur une placette de nourrissage spécialement aménagée pour les charognards.
Cette espèce est en danger critique d'extinction (classé comme tel depuis 2000), de même que toutes les espèces de vautours de l'Asie du Sud, devenues extrêmement rares à cause de la raréfaction des proies sauvages et de la présence de substances toxiques dans les carcasses de bétail. Il en va de même du Vautour royal Sarcogyps calvus, également retrouvé cette année dans la réserve.
Aujourd'hui la population de Vautours chaugouns compte 5.000 individus matures (mais a subi un déclin de 99% dans les seules années 1990-2000), majoritairement en Inde. Le Cambodge (qui est le seul pays d'Asie du Sud-Est où a survécu cette espèce, éteinte en Malaisie et Chine du Sud et probablement aussi au Laos, Vietnam et Thaïlande) n'en compte pas plus de quelques dizaines.
Peu de zoos en ont (source : Zootierliste, données d'août 2026) : 7 en Asie (1 au Bangladesh et 6 en Inde, parmi eux seuls 2 ou 3 ont des couples capables de se reproduire) et 1 aux Etats-Unis (le Zoo de Miami, qui n'en présente qu'un individu âgé et isolé...). Il fut plus commun autrefois : 35 parcs européens en ont eu dans le passé, jusqu'aux années 2010 (Fauconnerie de Weyhill au Royaume-Uni et Zoo de Bucarest en Roumanie). Par contre il est élevé et reproduit en nombres conséquents dans des centres d'élevage en Inde (218 oiseaux en 2015), au Népal (57 oiseaux) et au Pakistan (15 oiseaux).
Il bénéficie aussi de programmes de protection et de réintroduction dont certains ont commencé à porter leurs fruits dès les années 2010 : en Inde et au Népal en particulier.
Près de Houston (Texas), une forêt d'environ 158 ha vient d'être protégée sur le site du Lac Jackson. Cet espace comporte entre autres des forêts subtropicales de chênes ainsi que des zones humides. Il s'agit d'un site de halte migratoire pour les oiseaux qui traversent le continent américain deux fois l'an.
Il jouxte aussi la réserve de faune de San Bernard, qui accueille plus de 320 espèces d'oiseaux et s'étend sur plus de 28.000 ha, et conforte donc la protection de cette dernière.
Pour la première fois depuis 2013, l'Echenilleur à barbillons Lobotos lobatus, a pu être observé avec certitude. Cet oiseau, bien que réputé présent sur le territoire de plusieurs pays, est connu comme un des plus rares d'Afrique de l'Ouest, une partie du Monde dont les territoires (et les océans) sont largement sous-prospectés encore aujourd'hui.
Pour l'IUCN cette espèce est classée "vulnérable", mais avec de forts déclins enregistrés dans certaines de ses stations historiques comme la forêt de Gola au Sierra Leone, très probablement liés à la déforestation et peut-être à d'autres facteurs mal connus La dernière observation certaine remontait à 2013, dans la forêt d'Atewa au Ghana et il a été officiellement porté disparu, comme un certain nombre d'espèces d'oiseaux (parfois localement abondantes, mais vivant dans des pays peu visités par les ornithologues !). Apparemment aucun zoo ni parc ornithologique n'en a jamais eu dans l'Histoire.
C'est dans le parc national de Taï en Côte d'Ivoire que cette espèce a pu être recontactée et même filmée.
Environ 174 ha devraient être protégés d'ici janvier 2027 aux alentours du lac George, dans le Nord de l’État de New York. Cet espace qui sera soustrait à l'aménagement industriel et à la spéculation immobilière, comporte notamment des rivages lacustres et 1 km de linéaire de ruisseaux.
Près de 1.100 ha sont déjà protégés autour de ce lac.
Dans les années 1960, des océanographes découvrirent un récif corallien au large des côtes du Bénin de manière fortuite (suite à la découverte de têtes de corail dans des filets, lors de prospections réalisées pour évaluer le potentiel halieutique de la nation nouvellement indépendante). Pendant plusieurs décennies, son souvenir et sa localisation furent oubliés, et on l'a même cru disparu.
Aujourd'hui, il vient d'être redécouvert par une autre équipe béninoise, qui y ont identifié au moins 8 espèces de corail. Cet écosystème est le lieu de vie de divers poissons comme le Lutjan doré africain Lutjanus fulgens, le Chirurgien ouest-africain Acanthurus monroviae, le Poisson-soldat à barre noire Myripristis jacobus, le Rouget du Sénégal Pseudupeneus prayensis, le Poisson-ange africain Holacanthus africanus, etc... qui utilisent vraisemblablement le récif pour se reproduire et s'alimenter. Des prospections plus poussées pourraient identifier des espèces plus rares, notamment parmi les requins et raies dont la présence a été rapportée par les pêcheurs.
A l'heure de la prise de conscience sur les menaces pesant sur les récifs coralliens, la découverte prend un tout autre sens, celui de la résilience de cet écosystème et de la nécessité de le conserver en bon état. Elle montre aussi que les espaces inexplorés sont encore nombreux sur la planète, et notamment dans des régions sous-prospectées historiquement et dont les États riverains disposent de peu de moyens, comme le Golfe de Guinée en Afrique de l'Ouest (par exemple l’État béninois ne dispose pas d'équipements de haute technologie ni même d'un bateau pour étudier son espace maritime ; les chercheurs ont dû faire appel à des pêcheurs locaux et embarquer une pirogue pour mener leurs analyses).
Il est possible que cette découverte conduise à de nouvelles expéditions pour mieux connaître le monde marin au large du Bénin et des pays voisins.
Des démarches sont en cours pour protéger cette portion d'océan. Je veillerai à vous en tenir informés dès que possible.