Forest_elephant

Après de nombreuses années de déclin dues au braconnage, les Eléphants de forêt Loxodonta cyclotis reviennent dans la forêt équatoriale du Gabon, qui recouvre 85% de la surface du pays. Mieux, ils sont répartis un peu partout sur le territoire national et non pas confinés à quelques poches d'espaces protégés.

Le pays a bénéficié d'une politique de répression des crimes sur la faune sauvage et d'usage "durable" de la forêt dans les dernières années (agriculture sans brûlis, production d'huile de palme "durable"), alors que, pas plus tard qu'au début des années 2010, l'on s'inquiétait d'une totale disparition des forêts tropicales et de leurs habitants à l'échéance... 2020.

La population d'Eléphants gabonais a crû d'un tiers dans la dernière décennie, atteignant le total impressionnant de 95.000 animaux sur le seul territoire du pays (alors que les Eléphants de forêt ont régressé partout ailleurs), ce qui en fait un exemple et un modèle pour la conservation de la nature en Afrique centrale, surtout par rapport à des pays aux prises avec une déforestation intense et une protection médiocre de la biodiversité comme le Congo-Kinshasa ou la Centrafrique.

Les bons résultats enregistrés par le Gabon dans sa politique de conservation des Eléphants s'appliquent aussi à d'autres espèces de grande faune comme les Gorilles, dont le statut global est tout aussi précaire.

En préservant sa forêt, le Gabon compte aussi parmi les pays du monde qui offrent le meilleur "bilan carbone", la forêt équatoriale africaine étant pour sa part un des plus grands "puits de carbone" de la planète ; il se pose comme un leader du continent africain (au moins pour sa partie subsaharienne) dans les négociations climatiques en cours.

Pour revenir au cas propre de l'Eléphant de forêt, cet animal est aujourd'hui classé "en danger critique d'extinction" à l'échelle globale. Historiquement, il a bien moins profité des mesures de protection que son cousin de savane (qui vit surtout dans l'Est et le Sud du continent, riches en parcs nationaux et réserves appréciés des amateurs de safaris) dans les décennies passées du fait d'un désintérêt de la plupart des gouvernements concernés, de plus les forêts tropicales étaient peu attractives pour les touristes et plus difficiles à protéger (bien que le recours aux nouvelles technologies ait changé quelque peu la donne dans les dernières années) que les aires de savane ou prairie. Cela rend le succès de la protection des Eléphants gabonais d'autant plus important.

Source : https://www.africanelephantjournal.com/gabon-elephants-return-to-rainforest-after-poachers-hunted-to-extinction/

Illustration : Eléphant de forêt. Photo dsg-photo.com / Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0.